Mise en œuvre de l'initiative sur les soins infirmiers: la majorité de la commission empêche la réduction du temps de travail maximal et réduit les suppléments.
L'Association suisse des infirmières et infirmiers (ASI) est indignée par les décisions de la commission. Dans son projet de loi, le Conseil fédéral avait déjà détérioré les conditions de travail sur des points essentiels par rapport au projet mis en consultation. Aujourd'hui, la majorité de la commission de la santé va encore plus loin et affaiblit considérablement les conditions de travail minimales à respecter selon la loi.
L'ASI critique en particulier le fait que la commission ait empêché la réduction de la durée maximale du travail et de la durée normale du travail. En outre, la compensation pour le travail les jours fériés et les dimanches est inférieure à celle proposée par le Conseil fédéral. C'est très décevant pour les soignants qui donnent chaque jour le meilleur d'eux-mêmes. Sophie Ley, présidente de l’ASI, déplore que les décisions prises soient nettement en deçà du mandat populaire et des attentes du personnel infirmier. «Sans mesures contraignantes, la pénurie de personnel risque de s'aggraver, avec des conséquences graves pour le personnel soignant et la sécurité des soins.» Le législateur doit enfin fixer des conditions de travail permettant d'augmenter la durée d'exercice de la profession d’infirmière et d’infirmier.
L'association salue le fait que la commission soit parvenue à s'entendre sur le financement des améliorations des conditions de travail dans le domaine des soins. En effet, seuls des moyens supplémentaires permettront de rendre les conditions de travail plus attrayantes et d'éviter que la pression sur le personnel infirmier ne continue d'augmenter. L'ASI considère également que l'obligation de négocier des conventions collectives de travail renforce le partenariat social.
L'ASI invite les membres de la commission à corriger les détériorations lors de leur réunion de février 2026 et à mettre en œuvre de manière cohérente la volonté du peuple dans l'intérêt des patient-e-s et du personnel soignant concerné. Cela implique également d'ancrer dans la loi des mesures incitatives garantissant la disponibilité d'un personnel soignant suffisant et bien formé pour répondre aux besoins en matière de dotation en personnel.